- Les problèmes de santé, les séjours à l’hôpital, les dispositifs médicaux et un système immunitaire affaibli augmentent tous le risque lié au staphylocoque chez les personnes âgées.1,2
- Chez les personnes âgées, les infections peuvent se manifester par une confusion, une chute ou le fait de manger moins, parfois sans aucune fièvre.3
- À l’hôpital, demandez chaque jour si les sondes et les voies veineuses (perfusions) sont toujours nécessaires, et demandez au personnel de se nettoyer les mains.5,6
- Une confusion accompagnée de fièvre, de frissons, d’une peau moite ou d’une respiration rapide peut signaler un sepsis. Appelez les urgences (le 112 en Europe, le 911 au Canada et aux États-Unis).4
Pourquoi l’âge augmente le risque
Le staphylocoque est une bactérie courante. Environ 30 % des personnes sont porteuses de Staphylococcus aureus dans le nez, généralement sans conséquence.1 Le SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) est un type de staphylocoque qui ne répond pas à certains antibiotiques courants. Les personnes âgées risquent davantage que les plus jeunes de tomber malades à cause de ces germes.2
Plusieurs facteurs ont tendance à s’accumuler avec l’âge :
- Les maladies chroniques comme le diabète, le cancer et les maladies vasculaires.1
- Les séjours à l’hôpital et les opérations, qui entraînent des plaies et davantage de contacts avec les germes.1
- Les dispositifs médicaux comme les voies veineuses et les sondes urinaires, qui offrent aux bactéries une voie d’entrée dans l’organisme.1,2
- La vie en établissement de soins de longue durée.2
- Un système immunitaire affaibli.1,2
Pourquoi les infections peuvent se présenter différemment
Chez une personne plus jeune, une infection se manifeste généralement par de la fièvre, une douleur et une rougeur. Chez les personnes âgées, les signes peuvent être beaucoup plus discrets. Les spécialistes des soins infirmiers en gériatrie soulignent que des infections graves chez les personnes âgées peuvent ne provoquer aucune fièvre.3
Vous remarquerez plutôt des changements comme ceux-ci :3
- Une confusion nouvelle, ou une confusion qui s’aggrave
- Une chute, ou de nouvelles difficultés à marcher ou à se tenir debout
- Le fait de manger ou de boire moins que d’habitude
- Une fatigue ou une faiblesse inhabituelle
- Des difficultés dans des tâches quotidiennes encore réalisables la semaine précédente
- Une maladie chronique qui s’aggrave soudainement
Aucun de ces signes ne signifie à lui seul qu’il s’agit d’un staphylocoque. Mais si votre parent ou grand-parent « n’est tout simplement pas comme d’habitude », il vaut la peine de demander à un médecin si une infection pourrait en être la cause.
Ce qu’il faut surveiller sur la peau
La plupart des infections à staphylocoque commencent dans la peau. Elles peuvent ressembler à un bouton, à un furoncle ou à un autre problème de peau.1 Les infections de la peau à SARM commencent souvent par des bosses gonflées et douloureuses qui ressemblent à des boutons ou à des piqûres d’araignée. La zone peut être chaude au toucher et contenir un liquide épais.2
Lorsque vous aidez à la toilette ou à l’habillage, jetez un coup d’œil rapide :
- Aux coupures, aux éraflures et aux déchirures de la peau, jusqu’à leur guérison
- Aux incisions chirurgicales
- À la peau autour des voies veineuses, des sondes et des autres dispositifs
- Aux points d’appui comme les talons, les hanches et le bas du dos
- À toute bosse rouge, gonflée, chaude ou qui suinte
C’est particulièrement important pour une personne qui a des troubles de la mémoire ou des difficultés à parler, et qui ne peut pas toujours vous dire qu’elle a mal. Un coup d’œil rapide et régulier vous permet de repérer tôt un changement.
Pendant et après un séjour à l’hôpital
C’est à l’hôpital que surviennent certaines des infections à staphylocoque les plus graves, notamment les infections du sang, les pneumonies et les infections des valves cardiaques et des os.1 Les familles peuvent contribuer à réduire le risque :
- Posez chaque jour la question des dispositifs. Les CDC (Centers for Disease Control and Prevention, l’agence de santé publique des États-Unis) suggèrent de demander chaque jour si une sonde ou une voie veineuse est toujours nécessaire, afin qu’elle puisse être retirée dès que cela peut se faire sans danger.5
- Parlez de l’hygiène des mains. Vous pouvez tout à fait demander à un médecin, un infirmier ou une infirmière de se nettoyer les mains avant de toucher votre proche.6
- Signalez vite les changements. Informez immédiatement l’équipe soignante de toute rougeur, de tout gonflement, de toute chaleur ou de tout écoulement au niveau d’une plaie ou d’un dispositif.5
- Nettoyez-vous aussi les mains à votre arrivée et à votre départ. Selon les CDC, le risque d’attraper le SARM en rendant visite à un patient qui en est atteint est très faible.5
Avant la sortie, posez trois questions à l’équipe : quels signes doivent vous amener à appeler, qui appeler en dehors des heures ouvrables, et comment soigner précisément toute plaie ou tout dispositif à la maison. Notez les réponses.
Si votre proche vit en établissement, consultez notre guide des questions à poser à une maison de retraite.
Quand consulter un médecin
Comme les signes peuvent être discrets, fiez-vous à votre impression que quelque chose a changé. Appelez le médecin si votre proche présente :
- Une bosse rouge, gonflée, chaude ou douloureuse, ou qui laisse s’écouler du pus2
- Une rougeur qui s’étend autour d’une plaie, d’une incision ou d’un dispositif5
- De la fièvre, même légère, associée à une plaie ou à un problème de peau2
- Une confusion nouvelle, une chute, ou une baisse soudaine de ce qu’il mange ou boit3
Appelez les urgences (le 112 en Europe, le 911 au Canada et aux États-Unis) ou rendez-vous au service des urgences en cas de signes de sepsis, la réaction extrême de l’organisme à une infection. Ces signes comprennent une confusion ou une désorientation, une peau moite ou en sueur, une douleur extrême, de la fièvre, des frissons ou une sensation de grand froid, un rythme cardiaque rapide ou un pouls faible, et des difficultés à respirer.4 Le sepsis est une urgence médicale.4
Ne pressez pas et ne drainez pas une bosse, et n’essayez pas de traiter une infection suspectée avec des remèdes maison. Un médecin peut faire des analyses et choisir le traitement adapté.
Comment les familles peuvent aider au quotidien
- Aidez votre proche à se laver souvent les mains, à l’eau et au savon pendant au moins 20 secondes, ou avec un gel hydroalcoolique contenant au moins 60 % d’alcool.2
- Gardez les coupures et les éraflures propres et couvertes jusqu’à leur guérison.2
- Ne partagez pas les serviettes, les rasoirs ou d’autres objets qui touchent la peau.1
- Tenez une liste simple de ses problèmes de santé, de ses médicaments, de ses dispositifs et de toute infection à SARM passée, à transmettre à chaque nouveau professionnel de santé.
- Si des antibiotiques sont prescrits, veillez à ce qu’ils soient pris exactement comme indiqué.
Si votre proche a un SARM et vit avec vous, notre guide pour s’occuper d’une personne atteinte de SARM à la maison détaille étape par étape le linge, le nettoyage et les soins des pansements.
- Centers for Disease Control and Prevention. Staphylococcus aureus Basics. https://www.cdc.gov/staphylococcus-aureus/about/index.html
- Mayo Clinic. MRSA infection: Symptoms and causes. https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/mrsa/symptoms-causes/syc-20375336
- Flaherty E, Zwicker D. Atypical Presentation. Hartford Institute for Geriatric Nursing, NYU (ConsultGeri). https://hign.org/consultgeri/resources/protocols/atypical-presentation
- Centers for Disease Control and Prevention. About Sepsis. https://www.cdc.gov/sepsis/about/index.html
- Centers for Disease Control and Prevention. Preventing Methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA). https://www.cdc.gov/mrsa/prevention/index.html
- Centers for Disease Control and Prevention. Hand Hygiene in Healthcare Settings. https://www.cdc.gov/clean-hands/about/hand-hygiene-for-healthcare.html