- Le SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) est un type de staphylocoque qui résiste à plusieurs antibiotiques courants.
- Environ 2 personnes sur 100 sont porteuses du SARM sans être malades.
- Il se transmet par contact avec une peau infectée, des plaies et des objets qui les ont touchées.
- Une infection de la peau accompagnée de fièvre, ou qui ne s’améliore pas, nécessite un médecin.
Le SARM en termes simples
SARM signifie Staphylococcus aureus résistant à la méticilline. C’est un type de staphylocoque, une bactérie courante, qui peut résister à plusieurs antibiotiques.1 Le SARM n’est pas une maladie distincte. Il provoque les mêmes types d’infections que les autres staphylocoques. La différence, c’est que certains antibiotiques habituels n’agissent pas sur lui : les médecins doivent donc choisir le traitement avec soin. Pour une comparaison côte à côte, consultez Staphylocoque ou SARM.
Il est aussi utile de connaître la différence entre être porteur du SARM et avoir une infection. Environ 2 personnes sur 100 sont porteuses du SARM, généralement sur la peau ou dans le nez.2 La plupart n’ont aucun symptôme. On dit alors qu’elles sont colonisées.
Les personnes colonisées peuvent tout de même transmettre le SARM à d’autres sans le savoir.2 Une infection survient quand la bactérie pénètre dans l’organisme, le plus souvent par une brèche dans la peau.
Où l’attrape-t-on ?
Le SARM se transmet par contact avec des personnes infectées, des plaies ou des objets ayant touché une peau infectée.1 Les médecins classent souvent les cas selon l’endroit où ils ont commencé.
Dans les établissements de soins, le risque est plus élevé pour les personnes qui :3
- Font de longs séjours à l’hôpital ou dans un établissement de soins de longue durée
- Sont sous dialyse rénale
- Reçoivent un traitement contre le cancer ou des médicaments qui affaiblissent le système immunitaire
- Subissent une chirurgie ou portent des dispositifs médicaux implantés dans le corps2
Dans la population générale, on le retrouve plus souvent chez :3
- Les sportifs qui partagent serviettes ou rasoirs
- Les enfants en crèche ou en garderie
- Les militaires
- Les personnes qui s’injectent des drogues
- Les personnes tatouées ou ayant eu récemment la grippe
À quoi ressemble une infection
La plupart des infections à SARM apparaissent sur la peau sous la forme d’une bosse ou d’une lésion rouge, gonflée, douloureuse, chaude au toucher ou pleine de pus. Elle peut s’accompagner de fièvre.1 On la confond parfois avec une piqûre d’araignée.1 Les coupures, les éraflures, les zones de frottement et les zones poilues sont des points de départ fréquents.3
Plus rarement, le SARM pénètre plus profondément, dans les os, les articulations, le sang ou des organes comme les poumons ou le cœur.3 Les signes d’une infection plus grave peuvent comprendre fièvre, frissons, toux, essoufflement, douleur thoracique, maux de tête, éruption cutanée, ou une plaie qui ne guérit pas.3
Comment les médecins la prennent en charge
La seule façon de savoir si une infection est due au SARM est une analyse en laboratoire. Un médecin fait un prélèvement de peau, de sang, d’urine ou de pus et vérifie quels antibiotiques seront efficaces.3
Pour une infection de la peau qui ne s’est pas étendue, le drainage peut être le seul traitement nécessaire.3 C’est un geste qui revient au médecin, jamais quelque chose à faire chez soi. Pour les infections plus graves, les médecins choisissent les antibiotiques en fonction des résultats des analyses, et certaines personnes doivent continuer à les prendre longtemps, même après leur sortie de l’hôpital.3 Si des antibiotiques vous sont prescrits, prenez-les exactement comme indiqué.4
Il y a aussi de bonnes nouvelles. Les CDC (Centers for Disease Control and Prevention, l’agence de santé publique des États-Unis) estiment que les cas de SARM chez les patients hospitalisés sont passés d’environ 401 000 en 2012 à environ 323 700 en 2017, même si les progrès concernant les infections du sang contractées à l’hôpital ont ralenti.5
Questions fréquentes
Puis-je avoir le SARM sans le savoir ? Oui. La plupart des personnes qui en sont porteuses n’ont aucun symptôme.2
Le SARM est-il seulement un problème hospitalier ? Non. Il se transmet aussi dans la population générale, notamment chez les sportifs, les enfants en crèche ou en garderie et les militaires vivant en caserne.1
Est-il contagieux ? Oui. Il se transmet par contact avec une peau infectée, des plaies et des objets partagés.1 Notre guide Le SARM est-il contagieux ? explique pendant combien de temps vous pouvez le transmettre.
Et si les infections de la peau reviennent sans cesse ? Parlez-en à votre médecin. Des infections à répétition méritent un examen plus approfondi, pour vous et pour les personnes avec qui vous vivez.
Quand consulter un médecin
Contactez un médecin si vous remarquez :
- Une bosse rouge, gonflée, douloureuse ou chaude, surtout avec de la fièvre1
- Une lésion qui ne s’améliore pas dans les 48 heures1
- Une plaie qui s’aggrave au lieu de guérir3
- Toute infection de la peau chez une personne âgée, diabétique ou dont le système immunitaire est affaibli
Consultez en urgence ou appelez les urgences (le 112 en Europe, le 911 au Canada et aux États-Unis) en cas de fièvre avec une rougeur qui s’étend rapidement, de douleur thoracique, de difficultés à respirer, de confusion ou si vous vous sentez très mal.
En attendant d’être examiné, couvrez la zone avec des pansements propres et secs, ne grattez pas et ne percez pas la lésion, et lavez-vous souvent les mains.1
Gestes du quotidien pour réduire votre risque
- Lavez-vous souvent les mains, surtout après l’exercice.4
- Douchez-vous peu après l’entraînement, et ne partagez pas votre savon.3
- Si vous partagez de l’équipement sportif, essuyez-le avec une lingette antiseptique avant de l’utiliser.3
- Gardez les coupures et les éraflures propres et couvertes jusqu’à leur guérison.4
- Ne grattez pas et ne percez pas les lésions.4
- Ne partagez pas les serviettes, les gants de toilette ni les rasoirs.4
- Placez une serviette ou un vêtement entre votre peau et les surfaces partagées, comme les bancs de la salle de sport.4
Ces habitudes sont valables pour tous les staphylocoques, pas seulement le SARM, et elles s’intègrent facilement à une journée ordinaire.
- Centers for Disease Control and Prevention. Methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA) Basics. https://www.cdc.gov/mrsa/about/index.html
- Centers for Disease Control and Prevention. Clinical Overview of MRSA. https://www.cdc.gov/mrsa/hcp/clinical-overview/index.html
- MedlinePlus Medical Encyclopedia. Methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA) infections. https://medlineplus.gov/ency/article/007261.htm
- Centers for Disease Control and Prevention. Preventing MRSA Infections. https://www.cdc.gov/mrsa/prevention/index.html
- Centers for Disease Control and Prevention. Antibiotic Resistance Threats in the United States, 2019: Methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA) fact sheet. https://www.cdc.gov/antimicrobial-resistance/media/pdfs/MRSA-508.pdf